DERNIÈRES NOUVELLES ENTOURANT L'ACTION MILITANTE
- LE 13 NOVEMBRE 2008
Chers collègues et amis des services de garde,
Nous savons…
En tant que parents, éducateurs et éducatrices, chercheurs et activistes, nous savons ce qui n’a pas fonctionné à ce jour dans les services de garde. Au Canada, à l’extérieur du Québec, on compte sur le marché et sur des groupes ou des particuliers pour ouvrir de nouvelles places en garderie; et les parents doivent payer la grosse part des frais d’exploitation. Les gouvernements canadiens n’ont pas créé les conditions permettant aux familles d’avoir accès à des services de garde de qualité et abordables. En fait, plusieurs études internationales confirment que le Canada est un des pays développés qui investit le moins dans les services de garde pour sa population.
Et, nous savons ce qui ne fonctionnera pas. Se contenter de remettre aux parents plus d’argent pour les aider à payer leurs frais de garde ne crée pas de services de garde de qualité et abordables. Depuis 2005, nous écoutons nos consœurs australiennes et tirons des leçons de ce qu’elles nous racontent (lien). Dans ce pays, le transfert de fonds publics fédéraux directement aux parents pour les aider à payer leurs frais de garde a entraîné une escalade des tarifs et a enrichi le secteur commercial des services de garde.
La semaine dernière, ABC Developmental Learning Centres PTY Ltd. (ABC), la plus grande entreprise de services de garde de l’Australie, a été mise sous séquestre. ABC fournit actuellement des services de garde à plus de 100 000 enfants australiens. Pendant que les retombées de cette décision déferlent sur tout le pays, le gouvernement australien consacre vingt-deux millions de dollars pour permettre aux garderies de rester ouvertes jusqu’à la fin de décembre, et ce, en plus des 300 millions consentis annuellement à ABC pour les subventions aux parents.
L’homme responsable de la croissance phénoménale d’ABC, Eddy Groves, a déjà reçu le titre d’homme de moins de quarante ans le plus riche d’Australie. Or, maintenant que l’entreprise qu’il a fait fructifier est sous séquestre, les employés d’ABC ne sont même pas sûrs de recevoir la paie de vacances à laquelle ils ont droit.
L’expérience australienne démontre bien qu’au Canada nous savons ce qui fonctionnera. C’est pourquoi nous militons pour un système universel de services de garde financés par l’État, un système où les services existants sont subventionnés directement et doivent rendre compte de leur qualité et de leur abordabilité. Nous réclamons le contrôle démocratique de nos investissements publics. Et nous réclamons que le développement se fasse dans les secteurs sans but lucratif ou public surtout parce que les services de garde dans ces secteurs prônent des valeurs de partage, de collaboration, d’équité et de respect mutuel.
En dépit de l’appui écrasant du public pour les services de garde au Canada, le manque de progrès à ce jour indique qu’on n’entend toujours pas nos voix ou alors qu’on ne les écoute pas. Voilà un autre point que nous avons en commun avec nos consœurs australiennes, comme le souligne adroitement l’article intitulé « Des femmes ont donné l’alarme, mais personne n’a voulu l’entendre », paru dans le Sydney Morning Herald sous la plume de Michael Sainsbury.
Prenons quelques instants pour penser aux militantes australiennes qui ont sonné l’alarme et aux familles et employés touchés par les politiques publiques désastreuses de leur gouvernement. Et ensuite, continuons à travailler ensemble pour réclamer de nos gouvernements qu’ils protègent les familles canadiennes contre la commercialisation des services de garde et contre les effets de la crise économique mondiale actuelle en développant des services de garde communautaires de qualité, subventionnés par l’État et qui soutiennent nos enfants et nos familles.
Recevez l’expression de mes meilleurs sentiments,

Jody Dallaire, présidente
Association canadienne pour la promotion des services de garde à l’enfance
